Arras ne doit pas avoir honte d’être la ville de Robespierre

J’ai découvert avec étonnement la réaction de l’adjoint au Maire d’Arras en charge du Patrimoine quant à la question posée par la Voix du Nord de ce jour sur une éventuelle valorisation touristique de la vie de Robespierre dans notre commune.

220 ans après l’arrestation et l’exécution de celui-ci, ces propos témoignant d’un certain état d’esprit sont choquants.

Voici les propos que le journal rapporte: «La France de 2014 est divisée, objecte Matthieu Lamoril.Ce n’est pas le rôle d’une collectivité de célébrer l’action de quelqu’un qui divise et qui a exécuté des personnes non pour ce qu’elles pensaient, mais pour ce qu’elles étaient!»

D’une part, je ne suis pas sûr que cette vision des choses soit partagée par toute la majorité municipale… et il me semblait qu’après des mois de mobilisation citoyenne, les choses étaient en train de bouger.

D’autre part, la France de 2014 n’est « divisée » que parce qu’une partie de la droite a fait de l’attaque contre la mémoire de Robespierre un sport national et de la recherche d’un bouc émissaire des excès de la Révolution Française (qui hélas sont à déplorer pour beaucoup de guerres civiles) une habitude politique. Des esprits malicieux pourraient se dire qu’au vu de l’actualité, viser celui que l’on surnommait l’Incorruptible a quelque chose de particulièrement ironique.

Mais surtout, les propos de l’adjoint au Maire rélèvent purement et simplement de la propagande. Dire que l’Arrageois le plus célèbre « a exécuté des personnes non pour ce qu’elles pensaient, mais pour ce qu’elles étaient! », c’est tout simplement l’accuser de génocide… On retrouve là la vieille manipulation qui consiste à faire de Robespierre l’organisateur d’un prétendu génocide des Vendéens. Et pourtant les historiens ont à plusieurs reprises montré l’imposture qu’elle représentait et dénoncé l’instrumentalisation politique qui en était faite.

Pour finir, est-il besoin de préciser que l’adjoint au Maire en question fut le responsable départemental du MPF, le mouvement d’un illustre Vendéen du nom de Philippe de Villiers…

Aujourd’hui, c’est la mémoire des combats de Robespierre qui en pâtit, ce sont également les Arrageois qui y perdent en termes d’attractivité touristique. Non, on ne peut pas laisser dire n’importe quoi à celles et ceux qui ont fait depuis des années de la « division » de la mémoire républicaine un fonds de commerce politique et électoral.