En finir avec la polémique, reparler de politique !
Depuis quelques jours se tient à Durban la conférence sur le changement climatique... L’enjeu est simple: après l’échec du sommet de Copenhague, il s’agit de faire en sorte que les pays du tiers-monde se mettent d’accord pour faire baisser les émissions de gaz à effet de serre, et particulièrement de CO2.
Ce que l’on appelle le protocole de Kyoto (un accord pour limiter les émissions de gaz à effet de serre) arrive à date de péremption… Il s’agit ni plus ni moins que de le remplacer… et surtout de l’améliorer, parce qu’au final il s’est avéré plutôt inefficace. En effet, aujourd’hui, on n’en est plus à espérer empêcher le réchauffement et le dérèglement climatiques, mais à essayer de les limiter.
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La question écologique est l’une des premières questions politiques de notre temps
Augmentation du niveau des océans, hausse des températures, multiplication des catastrophes naturelles… Tout cela paraît proche quand une tempête noie les caves, mais si lointain au quotidien. Et pourtant la question écologique est l’une des premières questions politiques de notre temps.
L’écologie est même en passe de devenir la principale question sociale: entre les conséquences sur le pouvoir d’achat des perturbations que subit l’agriculture (une partie de la hausse du prix du café vient du fait que des pluies abondantes et inhabituelles ont réduit ces dernières années les récoltes brésiliennes), l’approche inexorable de l’après-pétrole (et donc la hausse du coût de l’essence à mesure que le pétrole se raréfie), la surconsommation des matières premières (qui amène à l’augmentation du coût des métaux)… on pourrait multiplier les exemples qui démontrent une chose essentielle: sans intervention de la puissance publique et donc de la volonté du peuple, on n’est pas égaux devant la dégradation de l’environnement.
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Au final, l’écologie, ça se résume à deux choses:
une question de répartition des richesses (comment protège-t-on les richesses environnementales qui sont toujours des ressources collectives? Comment partage-t-on ce que la nature produit ou ce que nous en retirons?)
Une question de démocratie (comment faisons-nous participer les générations futures à nos décisions actuelles?)
Répartition des richesses, démocratie: ce sont les deux jambes du socialisme. Etre écologiste aujourd’hui, c’est donc être socialiste (et vice-versa, d’ailleurs).
S’il y a bien un dirigeant politique qui l’a compris, c’est Thierry Marchal-Beck (http://tmb-blog.fr/), le nouveau Président des jeunes socialistes. Il ne dit pas autre chose quand il affirme son ambition de faire des jeunes socialistes deviennent le premier mouvement de jeunesse écologiste de France .
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Une gauche de transformation
Élu lors du congrès de Strasbourg le 19 novembre, Thierry aura fort à faire pour faire gagner la gauche, mais aussi (et peut-être surtout) pour faire en sorte que la gauche qui gagne soit une gauche de transformation et pas seulement une gauche de gestion.
Discours de Thierry Marchal-Beck par PartiSocialiste
Il succède ainsi à Laurianne Deniaud qui devient responsable jeune de la campagne de François Hollande après un mandat qui marquera l’histoire du mouvement. Et parce que jeune ne signifie pas automatiquement vertueux, saluons une nouvelle fois le fait qu’au MJS, aucun Président n’a fait plus d’un mandat: aucune règle ne l’impose, mais à tous les niveaux de l’organisation, les mandats ne sont pas renouvelés, ce qui est un principe sain pour une organisation de jeunesse.
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Faire de la politique autrement
Face aux défis auxquels nous sommes confrontés, à tous les niveaux, nous avons besoin de faire de la politique autrement. Distinguer le bruit de fond habituel des cris d’alarmes qu’il masque. En finir avec l’âpreté du combat pour les apparences du pouvoir qui traduit le renoncement à l’exercice réel des responsabilités. Incarner collectivement le mouvement plutôt qu’un assemblage hasardeux de francs-tireurs. Arrêter de faire croire que la lutte des places serait plus importante que la lutte des classes.
Ce qui tue la politique c’est aujourd’hui la polémique : prenons garde à ne jamais en être les artisans, à donner l’impression qu’à gauche il y aurait une possibilité pour certains de gagner contre tous. Dans des temps où nous avons tant besoin de collectif, il faut garder notre sang-froid. La polémique, c’est ce qui fait que la critique d’une politique mené par l’Allemagne devient une accusation de quasi-racisme, et dissimule l’essentiel, l’injustice des choix faits par les dirigeants européens et leur faiblesse face aux marchés financiers.
Le débat c’est l’échange, la polémique c’est l’invective.Le débat c’est la confrontation en profondeur, la polémique c’est le bruit de l’agitation en surface. Le débat c’est l’essentiel, la polémique l’accessoire.
La confusion délibérément entretenue entre le débat nécessaire à la démocratie et la polémique profitable à l’audimat, c’est précisément ce dont les citoyens ne veulent plus. Dans des temps si difficiles, où l’abstention est si forte, où tant doutent de la capacité du pouvoir démocratique à faire naître le changement, donner un coup de pied dans la fourmilière, cela commence par rendre sa dignité au débat public, c’est bien le premier devoir de tout dirigeant socialiste.
• Antoine Détourné
Porte-Parole. PS Arras

