Citadelle d’Arras, encore un pétard mouillé
Annoncé en grande pompe par Frédéric Leturque lors de ses voeux à la population, le « grand débat » en conseil municipal sur l’avenir de la citadelle d’Arras devait avoir lieu ce lundi 30 janvier. Hélas, ce débat a été reporté, pour des raisons qui nous échappent. Une fois de plus, la démonstration est faite que les opérations de comm’ et de papotage avec quelques citoyens triés sur le volets tiennent lieu de contournement de la démocratie représentative.
Au final, une fois de plus, on favorise le bavardage pour mieux éviter le débat. C’est triste pour les Arrageois à qui l’on interdit toute transparence sur les décisions qui façonneront leur ville à long terme.
Le Groupe socialiste ne dit pas autre chose dans sa tribune ce mois-ci:
Le groupe « Arras en mieux » vous présente ses vœux de bonheur, de santé et de réussite pour cette année. Que 2012 soit placée sous le signe du changement !Puisque nous sommes à l’heure des vœux, nous ne pouvons que nous féliciter de voir un de nos souhaits les plus vifs se réaliser dès le début d’année : l’organisation d’un véritable débat en conseil municipal d’Arras sur les propositions d’aménagement de la citadelle. Tout comme une opération de communication (même répétée et diversifiée) ne constitue pas une instance de démocratie participative, le vote de multiples délibérations conseil après conseil ne représente pas un débat global. On pourra donc compter sur le groupe d’opposition municipale que nous incarnons pour s’emparer de cette question.
L’aménagement de la citadelle est une question symbolique à plusieurs titres. Bien sûr, le sujet n’est pas évident, comme on nous le répète à l’envi en mairie. Mais pour qu’il soit plus simple, encore aurait-il fallu le prendre par le bon bout : Arras est en effet la seule ville de France qui décide de créer un nouveau quartier sans faire appel à un urbaniste. C’est donc une formidable occasion de repenser l’aménagement de notre ville, les liens entre son centre et les quartiers ouest, sa cohésion autour d’un nouvel espace qui est pour le moment gâchée. Car entre vente à la découpe et politique de bouche-trous, la citadelle se remplit sans projet moteur, au point de devenir un méli-mélo sans cohérence. Cela a commencé par l’arrivée des services de la Communauté urbaine sans concertation et à la va-vite, cela se poursuit au rythme des annonces dans la presse.
Tout comme pour notre ville, l’absence de projet d’ensemble est à peine dissimulée par les coups de communication et les beaux discours. La citadelle aurait pu marquer le lancement d’une réflexion sur l’avenir de notre ville, son développement économique, culturel, social ou écologique. Elle aurait surtout pu concrétiser un nouveau départ. Cette nouvelle chance a hélas été vue par la municipalité comme un nouveau fardeau. Elle risque d’être une nouvelle occasion manquée pour notre ville et ses habitants. Une de plus, hélas…
Au risque de me répéter, aujourd’hui ce qui importe c’est moins l’intérieur de la citadelle que le lien de ce nouveau quartier avec le reste de la ville. Cette question doit être le coeur du débat: cet ensemble est situé au centre de la CUA et au carrefour entre Arras-centre, Arras-Ouest et Arras-sud représente une formidable occasion pour enfin mieux faire vivre ensemble les différents quartiers de notre ville, et surtout leurs habitants (plutôt que de continuer à les isoler les uns des autres) qui gagneraient ainsi en mobilité.
Une fois défini (démocratiquement bien sûr) le projet urbain, il faudra se battre pour avoir un grand projet moteur à la hauteur du rayonnement que l’on est en droit d’attendre d’Arras. Malheureusement, il semble que la charrue ait été placée avant les boeufs, et qu’en plus les boeufs aient pris le contrôle de la charrue.


